MARJORIE RIAC : « Macarèl ce n'est pas qu'une boutique, c'est aussi un lieu de vie »
L’Aveyronnais — Dimanche 14 juin 2026 - Emmanuel PONS
La Sud-Aveyronnaise Marjorie Riac, originaire d’Arnac-sur-Dourdou, a ouvert en 2019 à Vincennes son épicerie joliment baptisée Macarèl. Un lieu qui réunit avec bonheur convivialité et gastronomie occitane, et surtout aveyronnaise.
Marjorie Riac a deux paradis : son village d’Arnac-sur-Dourdou où elle a grandi au milieu de la nature et des animaux. Et Macarèl, sa boutique installée à Vincennes, depuis le 17 décembre 2019, qui est aussi le paradis de ses fidèles clients.
Une boutique où est proposé tout ce que l’Aveyron et plus largement l’Occitanie compte de meilleur, qui se boit ou qui se mange. Et surtout qui se partage sur les grandes tables que la jeune femme a posées au 135 rue Defrance. Des tables fabriquées avec du bois venu tout droit du Sud-Aveyron, coupé par son grand-père Henri. Un aïeul dont on retrouve le portrait et même le râteau en bois accrochés au mur de l’établissement.
Car si elle vit aujourd’hui en région parisienne, c’est bien à la campagne qu’elle a grandi, « à la ferme, avec papa et maman où j’ai aidé dès que j’ai su marcher », sourit Marjorie Riac, petit bout de femme d’1,65 m pour 45 kg, à l’énergie débordante.
Une enfance heureuse à Arnac-sur-Dourdou
Une enfance rurale et au plus près de la nature pour la trentenaire, née en septembre 1989 à Saint-Affrique et qui va à l’école à Brusque.
« Au village, quand le bus m’avait déposée et en attendant qu’on me récupère, j’allais aider Vincent à l’épicerie. Il y avait plein de gourmandises locales, charcuteries, fromages, gâteaux… »
Comme un avant-goût de ce que serait l’avenir de la fillette qui se définit comme « une petite paysanne » qui vit entourée de ses parents Henri et Françoise, également associés de la boutique, de ses grands-parents et de ses proches amis, comme Ninon ou Cynthia qu’elle considère comme ses sœurs.
À Arnac-sur-Dourdou où la famille s’installe, la maison est « un lieu de vie où les jeunes du village venaient boire un coup, partager un moment simple et heureux ».
C’est à Saint-Affrique qu’elle poursuit au collège et lycée Jean-Jaurès où elle est interne et où elle se fait de nombreux amis. Après un BEP, elle rejoint Mende, en Lozère, pour passer un bac ST2S, dans la santé et le social. Sur son temps libre, elle travaille à la maison de retraite de Nant.
« Je me régalais à m’occuper des anciens », se souvient Marjorie Riac qui avoue aimer rendre service aux autres.
Et d’un service à l’autre, il n’y a qu’un pas pour l’Aveyronnaise qui, alors qu’elle a fait de la saison en restauration, décide de franchir le pas et de s’inscrire en BEP service en salle. Avant de rencontrer Renaud Jeanne, maître sommelier.
« Un véritable déclic », dit la jeune femme qui entame alors un BP sommellerie à Béziers, dans l’Hérault, en alternance au Relais de Fusies à Lacaune, dans le Tarn.
« Pendant deux ans, j’ai travaillé auprès de Monsieur Jeanne. Il me confiait de plus en plus de responsabilités, c’était gratifiant, se souvient-elle. Et après l’école, je suis partie dans l’Ain, chez Georges Blanc, un chef dont je suis fan. »
Bien loin de sa terre natale, elle redescend dans son village dès qu’elle peut. « C’est vital », avoue-t-elle. D’autant plus que sa mère fait face à quelques problèmes de santé.
Arrivée à Paris
De retour dans le Sud où elle est sous-directrice d’une brasserie, une expérience « intense et géniale », elle décide de monter vers Paris, alors que sa mère va mieux.
Complètement déboussolée à son arrivée dans la capitale en voiture, elle se fait arrêter par la police, raconte-t-elle.
« Ça faisait dix minutes que j’avais passé le panneau de la ville. Heureusement, les forces de l’ordre ont compris que j’étais juste totalement perdue et mon accent m’a largement trahie », sourit-elle.
Trahie et sans doute aidée.
« J’ai travaillé en restaurants gastronomiques auprès notamment de Simone Zanoni » qui a officié dans plusieurs palaces parisiens.
« Mais le rythme est différent des restaurants gastronomiques de campagne, et la clientèle aussi. J’avais envie de voir autre chose, de repartir vers une vie plus simple. Alors j’ai été embauchée dans une cave à vin. C’était cool mais j’avais le mal du pays. »
L’envie de retrouver l’Aveyron la titille alors.
« Mais entretemps, j’avais rencontré mon p’tit Ch’ti », raconte-t-elle.
Sébastien Gervaix qui, comme elle, est un fin gastronome.
« Le coquin m’a séduite en me cuisinant de bons plats maison. »
Marjorie Riac envisage donc de se mettre à son compte.
« J’ai réfléchi à ce que j’aimais vraiment : le vin, la nourriture, l’Aveyron, l’Occitanie, la convivialité, réunir les gens, transmettre… Et les copains. »
Et voilà donc l’Aveyronnaise qui décide d’ouvrir un commerce qui lui ressemblera et proposera tous ces bons produits — « une gamme plutôt chauvine, qui met l’Aveyron en avant » — tout en cultivant la convivialité et le sens de l’accueil qu’elle porte en elle. Un commerce qu’elle installe à Vincennes et qu’elle baptise Macarèl.
« Macarèl, c’est l’expression de ma maman. Si elle ne la sort pas quarante fois par jour, il y a un souci », dit-elle dans un grand sourire.
« Ici, je vends des produits que j’aime et, pour la plupart, que je connais depuis longtemps. J’organise aussi des dégustations, des apéros, des soirées jeux, des karaokés… »
Car « Macarèl, dit-elle, c’est un lieu de vie, de rencontre. Parfois, les gens passent juste pour acheter un produit et finissent attablés à partager un moment.
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